Je ne vais pas parler ici du fait de remettre à demain le payement des factures ou le rdv chez le proctologue, mais plutôt de la difficulté que rencontre grand nombre de zèbres à se mettre en action, à concrétiser ce qui leur tient à cœur. A cette problématique de surdoué et procrastination plusieurs aspects : son histoire, son fonctionnement, le fonctionnement du monde, ses croyances.
La procrastination est souvent évoquée ainsi :
Je ne sais pas vraiment ce que je veux, ce que j’aime.
Je ne sais rien faire vraiment.
J’ai envie de choses tellement différentes que je ne sais quoi choisir.
Je ne sais pas comment m’y prendre.
Je n’y arriverais jamais…
Je fais plein de projets dans ma tête.
Évidemment si l’on vivait dans un monde, bienveillant, où l’échange, la curiosité de l’autre, l’attention, le respect (de la différence, de la nature), où l’originalité étaient privilégiés ; Où l’on chercherait des solutions de fond, où les choses seraient en lien les unes les autres, où le sensible, l’imperceptible, les émotions auraient toute leur place, ou l’on agirait avec son cœur, son énergie, où le qualitatif primerait sur le quantitatif, où les projets seraient basés sur la motivation, l’envie, les choses pour le surdoué seraient plus simples!!
Où la procrastination puise-t-elle ses sources ?
Mais voilà, nous vivons dans un monde individualiste, formaté, où la perte de sens, de motivations sont criantes, où l’on ne cherche pas tant des solutions mais surtout le pouvoir, le médiatique, le buzz, où les émotions, les hésitations, le doute, sont vus comme des faiblesses , où le politiquement correct à remplacé l’authentique, où le sensible n’a pas sa place où la nature est dévastée!!
Il faut être dans le rang. Ainsi chacun s’enferme dans sa petite bulle protectrice et joue un rôle sans trop se poser de questions.
L’hypersensibilité : un terrain glissant pour procrastinateur
De plus, tout est saucissonné, hyper spécialisé et pour un être surdoué tout cela est perturbant et sans grand sens! A vrai dire, c’est perturbant pour tout le monde. Le surdoué n’est pas tant différent des autres mais il est surtout plus intense. Il conscientise, et ressent plus fort, de façon plus accrue les choses. Là où une personne «classique» n’aura pas forcément conscience de la chose ou ressentira une légère gêne, le surdoué lui, éprouvera un mal être profond, et souffrira dans sa chair!*
*A sound is a noise,
A misfortune is a tragedy,
A joy is an ecstasy,
A friend is a lover,
A lover is a god,
And failure is death.
Pearl Buck
Alors comment trouver et prendre sa place dans un monde formaté, vicié, qui nous fait parfois souffrir dans notre chair ?
La procrastination vient souvent d’un sentiment confus d’idées, de sensations, de décalages, de croyances pas bien identifiés…
Le haut potentiel est tiraillé entre le doute (de lui, de tout), le sens, son hyper-empathie, le regard de l’autre, sa liberté, ses choix, son intensité. Il est donc nécessaire d’éclaircir cela.
Pourquoi interroger le surdoué sur son passé est important ?
Tout d’abord et comme souvent l’histoire du zèbre haut potentiel est prépondérante. Est-ce que oui ou non notre zèbre s’est-il déjà autorisé à prendre sa place, à aller au bout de son propre désir? S’est-il autorisé son originalité, sa façon généralement peu académique ou inattendue de prendre les choses ?
Si la réponse est non, cette envie, cette «exposition» va bien sûr être stressante, inconfortable, surtout si les quelques tentatives passées ont été critiquées.
Un zèbre qui procrastine est un zèbre inhibé
Rappelons-nous le peu de confiance en lui qu’à le surdoué et l’importance qu’il accorde au regard de l’autre! Ce regard qui peut parfois inhiber totalement le désir du zèbre qui ne s’autorisera plus rien et, ou, qui ne parviendra plus à identifier ses envies.
Se confronter à ce monde peut-être souffrant pour le haut potentiel car il y a frottement, incompréhension réciproque. Le monde intérieur du surdoué tout en couleurs, en nuances, en subtilités, en intensité et le monde extérieur, torpide, qui bien souvent n’a que faire du juste, du beau, du plein, du sensible!!
Le conformisme ne sied pas aux hauts potentiels
Ce monde «rustiné» qui fonce droit dans le mur, auquel le zèbre doit (pense-t-il!) se conformer. Notre zèbre dont la pertinence, la lucidité, la vision, le cœur n’ont pas trouvé d’écho, ses qualités qui ont si souvent été balayées avant même d’être entendues, est-en difficulté.
C’est vrai que c’est décourageant, parfois même… Mortel!!…
Notre haut potentiel donc, avec sa vitalité, son enthousiasme, sa puissance, sa finesse, son talent, son cœur mais aussi avec sa faible estime de lui, ses hésitations, son perfectionnisme, son hyper-empathie, son hypersensibilité, son hyper-émotivité, son décalage, est écartelé!!
Comment la procrastination se met en place chez le zèbre
Parfois le fait même d’envisager l’action est douloureux physiquement. C’est ainsi qu’il peut passer son temps à élaborer des tas de concepts, d’idées, très intéressants sans passer à l’action! Il devient en quelque sorte, addict à une rêverie pseudo-confortable où il décortique, étudie un sujet à fond, où il peaufine sans fin un projet jamais assez parfait!
surdoué, angoisse…et procrastination
A long terme, cette inaction va déclencher de fortes angoisses. Le zèbre doit agir à sa façon. Il doit comprendre qu’il n’est pas obligé de tant se conformer mais plutôt de s’autoriser à être et oser se montrer!…S’il ne met pas en action son potentiel, il va procrastiner, s’étioler puis s’éteindre.
Le zèbre à le choix entre : être zèbre ou zombie!
Découvrir, comprendre son fonctionnement l’aidera pour «s’autoriser à être». Il comprendra qu’il n’est ni fou, ni mauvais, ni fragile, ni nul, ni tout seul!! Le zèbre doit suivre son cœur, son envie, sans trop se poser de questions et en faisant fi du regard des autres (je sais ; pas facile, mais possible!!).
Qu’est-ce qui lui parle dans ses tripes ?
Qu’est-ce qui fait sens?
C’est ainsi qu’il trouvera sa motivation, sa congruence. Refaire une lecture de son passé à l’aune de cette nouvelle grille de lecture (la douance) l’aidera à mieux se comprendre, mieux s’accepter.Avait-il des passions, des rêves qui ont été écrabouillés ou qu’il a laissés s’étioler ? S’est-il écarté de ce qu’il est profondément ? Comment ? En quoi ? Pourquoi ?
Il doit prendre conscience de son perfectionnisme, de ses doutes exacerbés, de son syndrome de l’imposteur omniprésent, de sa façon non académique mais cependant efficace de s’y prendre, du regard de l’autre trop prégnant.
Le surdoué doit réaliser que s’il a eu tant de mal jusqu’à présent, c’est parce qu’il y avait un décalage entre lui et les autres qu’il n’a pas su identifier. Il se pensait en dessous, incapable, impuissant, sans place, par méconnaissance de lui-même.
L’impact émotionnel de la pensée en arborescence
Il doit également comprendre qu’il est perméable à un nombre d’informations bien supérieur à la moyenne( intellectuelles, émotionnelles, sensorielles) qu’il a du mal à hiérarchiser, car tout pour lui est, et lui arrive, sur le même plan.
Ces informations qui peuvent être parfois antagoniques les unes aux autres (parfois qu’à première vue) peuvent embrouiller ses idées. Cela crée un impact émotionnel généralement sous-estimé.
Les chutes d’énergie distillent le doute et renforcent la dévalorisation
C’est ce qui peut engendrer une rupture, une chute d’énergie, et qui augmente son doute, son angoisse et lui donne la sensation qu’il est inconstant, et qu’il n’y arrivera jamais.
Cependant c’est également grâce à cette capacité de mixer finement autant d’infos que le zèbre obtient cette pertinence, cette fulgurance.
Il ne doit pas se juger ou juger son idée ; c’est nul, immature, illusoire etc…Il ne doit surtout pas devenir pour lui-même ce miroir déformant qu’il a pu connaitre par le passé et qu’il peut donc facilement et insidieusement avoir intégré.
Savoir choisir pour savoir faire
Souvent le surdoué se trouve écartelé entre plusieurs envies et n’arrive pas à faire un choix.
Il est intéressant dans ce cas d’observer la chose plus finement, et d’aller voir derrière chaque idée quelle est la véritable motivation afin de trouver le fil conducteur. Il est important aussi de relativiser l’idée; elle peut tout à fait n’être que le support de notre expression et donc pas si déterminante, pas si enfermante que ça.
La créativité du zèbre lui permettra de faire évoluer cette idée de base, de la transformer justement «à sa sauce de zèbre»! C’est ainsi aussi, peut-être, qu’il trouvera la liberté si chère à son cœur.
Dans une de mes vidéos je rappelle cette citation de Sartre : «la liberté, ce n’est pas pouvoir ce que l’on veut, mais vouloir ce que l’on peut».
Comment la procrastination masque la crainte de l’échec chez le zèbre
Souvent, le surdoué pense qu’il n’a pas assez d’éléments pour agir, qu’il n’est pas prêt pas assez parfait etc… Hors c’est l’inverse, il n’agit pas parce qu’il a trop de données (intellectuelles, émotionnelles, sensorielles…) et qu’il ne s’accorde pas le droit d’être imparfait. C’est pourquoi il est important qu’il sache se recentrer : Qu’est-ce qui me parle dans mon corps, mon coeur, et qui fait sens pour moi ?
Le lien entre perfectionnisme et procrastination
Mais également qu’il s’accorde le droit de se tromper ou de ne pas être parfait. Le zèbre peut aussi avoir tendance à se laisser happer par différents projets, différentes sollicitations; Il va aller là où on l’aime!! Et ainsi trop s’éparpiller, ce qui aura pour conséquence de l’ épuiser (il fera tout à fond), sans obtention de résultat satisfaisant.
Il validera alors une fois de plus «sa médiocrité».
L’abandon comme porte de sortie
Le zèbre peut aussi avoir tendance à abandonner un projet quand celui-ci devient un peu difficile. Comme le zèbre a l’habitude d’avoir des facilités, il peut se dire que si c’est difficile c’est que ce n’est pas pour lui. Sa crainte de l’échec peut aussi intervenir. Elle peut réveiller des souvenirs douloureux de l’enfance ; Moqueries, rejets.
Le fait de ne pas arriver à faire certaines choses que les autres font facilement. Ayant un fonctionnement complexe, il a souvent du mal à faire des choses simples. En revanche il sait rendre des choses complexes, simples.
Le rejet inconscient du monde
Le zèbre peut aussi ne pas avoir envie de réussir car inconsciemment il ne veut pas adhérer à ce monde qui l’a tant rejeté et avec lequel il n’est pas en accord. Un peu comme si réussir c’est se trahir!!
C’est pourquoi il est essentiel de se poser la question suivante : Comment je peux prendre ma place en restant fidèle à ce que je suis ? Comment et en quoi je peux apporter ma contribution à ce qui est important pour moi?
Un accompagnement peut-être alors très pertinent pour aider le zèbre dans cette démarche.
3 stratégies efficaces pour moins subir la procrastination
Aux questionnement suivants qui reviennent de façon incessante :
Je ne sais pas comment m’y prendre !
Réponse : Généralement la question est plutôt, est-ce-que je m’autorise à activer mon côté créatif,et, ou, peu académique? Ensuite, par quoi je commence et, ou, de quoi j’ai besoin pour commencer ?
Puis, je me fixe des «sous objectifs» qui me permettront d’être moins effrayé par la tâche, ou, comment avaler un éléphant? En le découpant en petits morceaux. Donc chaque jour, je mange un peu de mon éléphant!
Je cherche également dans mon projet quel est mon identité et ma contribution dans ce monde. C’est très important, cela m’aide à rester aligné, à créer de la motivation et à me nourrir de l’intensité dont j’ai besoin. Je contribue à quelque chose de plus grand, de plus fort que moi…
Je ne suis pas assez constant dans mon énergie, ma motivation, et ça me fait flipper!!
Réponse : La dessous, il y a plusieurs choses. Déjà, je prends conscience, que lorsque je suis en énergie haute, j’avance vraiment et de façon pertinente. Alors peut-être que si je me relâche un peu ce n’est pas si grave. Personne n’est à fond tout le temps. Chez moi les variations sont juste plus intenses que la moyenne. Je dois accepter que certains jours, rien ne vient!!
Peut-être aussi que pendant cette période intense, je n’ai pas pris soin de moi, de mes besoins parce que j’étais à fond dans ma création et donc j’arrive tout
simplement à fond de cale! Peut-être aussi que là dessous s’insinue un désir de perfection, de maitrise qui m’épuise voire même me démotive !Là encore j’en prends conscience et j’essaie d’aller dans du plus juste, du plus serein et non dans du parfait. Le parfait n’est finalement qu’un signal fort de stress qui m’indique que je manque de confiance et qui n’est pas très intéressant dans la mesure ou il fige les choses.
J’ai trop d’idées, je ne sais pas choisir !
Réponse : Je cherche le fil conducteur de toutes mes idées. Je conscientise ce que je veux mettre en action chez moi, mon talent, ce qui est important pour moi. Je peux également concevoir mon projet uniquement comme support de ce que je veux mettre en action et ainsi laisser libre cours à ma créativité…
-Je remplace ceci : «Mon idée est nulle, je n’ai pas les compétences, je vais être ridicule, on va bien s’apercevoir que je suis un imposteur, je m’y prends comme un manche, ce que je fais ne vaut rien etc»…
-Par cela : « Je me fais confiance, je m’appuie sur mes ressentis, je suis mon intuition, je ne me laisse pas déstabiliser par l’opinion des autres (je me recentre), je connais ou je prends conscience de mes points forts (je m’appuie dessus), de mon fonctionnement, je chemine et je verrai bien comment faire des ajustements au moment voulu.»
Mais je n’y arriverai jamais!!
Ah bon?!
Et bien commence donc, juste pour voir !!…
Merci, pour cet article et pour la vidéo.
Je ne suis pas identifiée HP mais je trouve que l’explication et les solutions pour la procrastination me concerne aussi.
Chère Christine, analyse proprement remarquable, et, pour moi. insignement bouleversante!
De vrais leviers, si on ose s appuyer dessus!…..
Merci!
Merci Monique et vraiement ravie que cela vous aide.
Pardon pour le délai de réponse.
Bien à vous.
Bonjour, je suis « sur le cul » par ce que je viens de lire! Je m’y retrouve complètement. L’abondance de choix m’empeche de vivre et j’ai pourtant bientot 40 ans .
Malgres tous vos conseils ma boussole continu de gigoter.
Comment s’obliger a garder une ligne? nos cerveaux a nous, HP, cherchent constamment la complexité tout en cherchant à plaire ou satisfaire.
Êtes vous également dans cette insertitude ?
Vraiment ravie que cela vous aide… Merci Nathalie
Bonjour Nathalie,
Merci pour cet article qui m’éclaire beaucoup sur ma façon de fonctionner, et merci pour vos précieuses pistes de travail…
Je n’ai pas trouvé la vidéo à laquelle vous faites référence à propos de la citation de Sartre (« La liberté, c’est de vouloir ce que l’on peut »). Comment une personne qu’il est ici convenu d’appeler « zèbre » doit-elle traduire une parole si avisée.
Quand je commence à focaliser sur quelque chose qui m’intéresse, mon cerveau bouillonne et ne s’arrête plus. J’en oublie, dans mes projections, mes envies de projet, de faire preuve d’un peu plus de réalisme sur mes propres limites. C’est évidemment la démotivation générale ou l’échec assuré. Comment trouver l’équilibre entre les deux, oser créer comme on est sans risquer de trop se faire violence si l’on échoue ?
Merci encore,
Samuel.
Bonjour Samuel,
Voici le lien de la fameuse vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=iR-sfjSiqiQ&t=229s
Bonjour,
Merci pour cet article, ça m’a fait rire et pleurer en même temps de le lire.
J’ai 41 ans, j’ai un parcours très atypique comme beaucoup de personnes que vous décrivez, mais au fond, j’ai toujours rêvé d’être un artiste à temps complet. Entre autre, je joue de la musique, je chante, j’écris, je danse, je clown, je fais de la mise en scène… j’accumule les outils (à mon niveau dispersé, bien entendu) puisque tout me passionne dans le spectacle, mais je me suis toujours limité dans ce domaine, qui n’est pas moins conformiste que les autres.
J’espère, après lecture et relecture des multiples mantras que vous distillez ici, réussir à m’autoriser à vivre pleinement mes émotions, les cultiver, partager ma perception du monde, mon expérience vécue, mon imaginaire sans ressentir le de me conformer aux autres pour y arriver.
D’ailleurs, je vous confirme que cela ne fonctionne pas, il n’en résulte que frustration, mauvaise estime de soi, rancœur envers le monde qui m’entoure et sensation de passer à côté de ma vie.
Ce qui me fascine aujourd’hui, ce de me rendre compte à quel point je focalise depuis toujours sur la recherche de la méthode parfaite pour réussir un projet (de quelque nature que ce soit d’ailleurs), sur l’apprentissage, l’entraînement pour être techniquement recevable aux yeux des autres, et bien sûr, sur la valeur de mes idées pour qu’elles le soient également.
Bilan, je maîtrise l’art de la procrastination, j’en ai même fait un art de vivre. Je ne parviens pas à choisir de direction, je n’arrive pas à me lancer, je trouve que mes idées sont nulles.
Je n’arrive pas à passer à l’action, je n’agis pas et donc je vous passe la description de ce que je vis intérieurement.
J’espère pouvoir un jour pouvoir vous remercier davantage en ayant réussi à franchir ce pas : m’autoriser à être comme je suis et le vivre.
Bonsoir Samuel,
J’entends une pression folle!! Probablement totalement contre-productive!!
Ne vous jugez pas mais encouragez-vous avec bienveillance en essayant de déguster le chemin, pas à pas. Vos idées, si elles sont authentiques, ont de fait de la valeur.
Merci à Samuel et merci pour la réponse que vous lui faites!! Bienveillance avec soi-même c’est la clé !!?
Merci beaucoup pour cet article Christine, qui déculpabilise un peu la procrastineuse que je suis, et qui essaie maintenant de s’orienter solutions ! (et je sais un peu mieux où chercher depuis qu’un chamane m’a dit que j’étais HP, même si je prends cette info avec des pincettes car je n’ai pas fait de tests !!)
Très bonne idée, cette nouvelle orientation!!
Merci pour votre commentaire
Très bonne idée, cette nouvelle orientation!!
Merci pour votre commentaire.
Bonsoir,
Oui, en effet. Néanmoins, même en passant à l’acte, en suivant un fil d’intuition solide, en se rechargeant dans la nature, en allant jusqu’au bout de ce que l’on peut produire, sans renoncer devant la difficulté, sans se trahir, mais en gardant le « lecteur sur l’épaule », comme dit Proust, on arrive au même écueil. Ce qui est fait est fait, c’est juste, travaillé jusqu’au tréfonds, peint, écrit, composé, peu importe… ça a pris des années. On finit même par être fier de son travail si beau, jusque dans son imperfection que l’on chérit. Mais l’écueil est là. Les autres. Leur attention posée sur autre chose, de plus visible, de plus facile d’accès, autre chose qui souvent, juste, crie plus fort, joue des coudes pour se glisser au premier rang. Alors, ce n’est plus la procrastination, mais le simple renoncement. Nous ne sommes pas tous des militants, des chefs d’entreprise, des acteurs du dehors. Parfois l’art nous a saisi, malgré nous, nous ne l’avions pas même convoqué. Il nous faut faire avec. Mais aussi sans, sans les autres car peu d’artistes travaillent en équipe. Qui plus est, l’art est assez exclusif, jusqu’à vous empêcher parfois matériellement de vivre. Alors si procrastiner, c’est éviter de tomber dans ce type d’ornière, et bien l’absence de passage à l’acte est la plus belle des sécurités. Car on peut se retrouver, à 50 ans, à n’avoir pas plus vécu que les autres qui n’ont rien commencé. On se retrouve à 50 ans à la tête d’un bataillon d' »enfants » morts nés, car in-ouïs, et dans une amertume à nulle autre pareille.
Bonsoir Florence,
Sauf que pas « tout » les autres. Trouvez les bons autres, c’est ça le défi!!
Peut-être aussi trouver une passerelle ou la créer?! Qu’en pensez-vous?
Wow, je tire mon chapeau bas, je suis ébloui par votre analyse profonde. Enfin quelqu’un qui ne sort pas des banalités superficielles. Merci beaucoup !
Merci beaucoup Théo d’avoir pris le temps de laisser un commentaire valorisant et très encourageant.
Bonjour et merci pour ce super article et la vidéo.
Bien que non détectée en tant que zèbre, j’ai pourtant le sentiment d’en être un. Je n’en parle à personne car étant en « échec » professionnel, j’ai plutôt l’impression d’être prise pour une « nulle ». Ca ne date pas d’hier, ça a commencé à l’école et j’ai plus de 40 ans.
En effet j’enchaîne les boulots mais je m’ennuie très vite et je prends la sortie rapidement. Ce qui accentue l’image que peuvent avoir les autres de moi … et moi de moi par la même occasion.
J’ai créé mon activité il y a 2 ans mais pareil,je n’avance pas. Je me suis pourtant formée mais toujours rien,je doute,je procrastine encore et encore. La motivation est là et j’ai souvent l’impression d’avoir l’idée du siècle mais ça retombe comme un soufflé.
Certaines fois j’ai envie de me faire détecter mais je sens que c’est uniquement mon égo qui veut dire « vous voyez, je ne suis pas aussi nulle que vous le pensez » et en plus je suis capable de foirer les tests en me mettant la pression.
Bref ca n’est pas gagné mais l’avantage est que le fait d’avoir écrit m’a fait du bien 🙂
Bonjour Karine,
Ce que vous évoquez est une problèmatique du zèbre récurrente!!
L’idée, ce n’est pas de prouver aux autres que vous n’êtes pas nulle mais plutôt que
vous soyez convaincue de ne pas l’être!! Vous devriez venir me voir! 🙂 …
Bonjour Madame,
Maman d un jeune homme de 27 ans, si mes mots viennent à vous, c’est que je ne sais plus comment aider mon fils. J’ai essayé 1001 choses, sans succès, me heurtant à ses convictions et son entêtement. J’ai juste le sentiment qu’il se perd et va droit au mur!
D’années en années il procrastine d’avantage et plus encore depuis qu’il vit seul et qu’il a perdu son travail (8 mois). Il laisse l’administratif en tas (jusqu’à se mettre en danger), ne répond et n’appelle personne et ce malgré des appels répétés, des messages, des textos, des courriers (qu’il ne lit d’ailleurs pas). Peu à peu, il fait le vide autours de lui, passe ses nuits sur écran et dort la journée, oubliant même de manger, de se laver, de se respecter.
Ce fut un enfant sage et en avance,habile de ses mains, lisant beaucoup, intéressè de tout et par tout,empathique, aimant,mais secret. Il n’a jamais travaillé jusqu’à sa 2ième année d’études supérieures, et au-delà, toujours à la dernière minute.
Je cherche à l’aider afin qu’il accepte de se prendre en charge et donner à sa vie du changement, la lumière qu’il mérite. Il habite à Anthony et moi en province. Je ne sais plus que faire pour l’amener à trouver la force et le courage de prendre sa vie à bras le corps et lui donner un autre sens.Quand je le pousse à bout, il finit par me dire qu’il est conscient de « l’impact de ses absences », mais qu’il ne sait pourquoi et qu’il ne parvient pas à changer ou trouver la force!
Sachant que je lui ai donné votre nom et le lieu ou vous exercez,afin qu’il vous rencontre…A ce jour, je ne puis me résoudre à le laisser vivre sa vie (qui me parait dangereuse pour lui à terme)bien qu’il soit majeur. Que puis je faire?
Merci
Bien à vous
Bonsoir Sylvie,
J’entends votre désarroi, et j’entends que vous avez essayé de faire des choses pour l’aider. Lorsque vous dites « que puis-je faire? », peut être que c’est une question à lui poser tout simplement.Juste Lui demander « est-ce que je peux t’aider et si oui comment?
S’il refuse, respectez cela et lui dire quelque chose comme « Ok, si un jour tu as besoin n’hésite pas à me demander ». Cela pour l’inviter à se responsabiliser à se prendre en charge comme vous dites. Même si vous êtes inquiète essayez de ne pas lui montrer et prenez du recul…
Souvent trop aider, trop de présence ( même si je l’entends très bienveillante) est contre productive.
Bien à vous
Cet article résume parfaitement ma situation et mes blocages persistants.
Je sais faire énormément de choses (peinture, photographies, piano que j’ai finalement lâché etc…) et je fais énormément de choses sans que ces choses ne me semblent assez bien. Je m’eparpille dans tous les domaines et ne mène rien à bout.
Je ne sais ni comment m’y prendre, ni par quoi commencer, ni comment choisir et me perfectionner dans un seul domaine, ni mener à bien ce que j’entreprends. Je n’ai jamais trouvé la solution et suis fatiguée de tout celà.
Bonjour,
Mon mari a regardé une vidéo qui lui a fait un déclic. Il s’est entièrement reconnu hpe. C’est tout nouveau pour nous, et contrairement à tout ce que je vois sur le sujet, je ne le trouve pas du tout hyperactif. Votre article m’aide vraiment à comprendre. Je le reconnais à travers vos mots.
Merci.
Bonsoir,
Ravie que mes articles vous aident, cependant pour moi, iln’y a pas de HPE HPI HPC
car le surdoué doit cumuler tous ces points. Sinon, nous parlons de HQI (haut QI) ou d’hypersensibles.
Je suis zèbre, et ton article correspond bien a mes problèmes en ce moment. Mais c’est surtout qu’en ce moment je cherche des réponses à des questions dont la vérité existe, celle-ci concernant le domaine que j’étudie dont j’ai les examens bientôt mais chaques personnes qualifiées a qui je demande ce contre dise… je ne sais donc plus où est la vérité de mes questions ni à qui les demander… j’ai l’impression d’être seul avec mes questions… mais pourtant je sais que mes questions ont des réponses, mais même avec internet je n’arrive pas à trouver de réponses… je ne sais plus comment faire pour trouver ses réponses, je ne sais plus vers qui me tourner ni si cette personne me répondra correctement… hors j’ai besoin de ses réponses pour comprendre… mais rien à faire… à croire que personne connaît le métier que j’apprend… ou qu’il n’y a pas de verité établie … je ne comprend vraiment pas…
Bonjoooour Christine ?
J’ai beaucoup aimé cet article, je suis embourbée dans la procrastination depuis un moment et j’avais identifié le côté « réussir, c’est se trahir ». Ma conscience le sait, mais je ne suis pas pour autant débarrasser de cette idée ancrée profondément dans mon inconscient… (je suis en analyse donc j’y travaille haha)
Patience donc… mais difficile aussi de l’être…
Enfin pour dire que réharmoniser tout ça n’est pas simple puisque en avoir « conscience » ne suffit pas !
En tout cas, merci pour cet article ?
Une magnifique journée à vous
par quoi pourriez-vous remplacer: »Réussir, c’est se trahir »?!
Trouvez qqch. de fort, de puissant, qui résonne !…
Bonsoir Madame,
Je viens de découvrir il y a deux mois que j’étais HPI à bientôt 52 ans!!!
J’ai effectué un bilan psychométrique me pensant tdah !
Je comprends mieux mon parcours et ce mal être récurrent qui l’accompagne. Avoir tout pour être heureuse, se sentir autrement que les autres. Orienter sa vie pour ne pas perturber celle des autres. Une hypersensibilité exacerbée !! Bref aujourd’hui je ne sais pas quoi faire de ce fait. Je ne suis toujours pas fixée professionnellement. Je voudrais faire mille choses, j’en ai déjà fait beaucoup. Je suis très angoissée et exigeante avec moi-même et mon environnement. Pour autant j’attends toujours le déclic qui me fera dire « mais oui c’est çà !! ». J’espère, j’espère toujours…
Ce qui peut favoriser le déclic, c’est d’ interroger à un niveau très fondamental et ou être bienveillante avec soi-même…
Waouhh quelle précision/pertinence.
Malheureusement je suis touché par tous les éléments que vous mentionnez lol mais bon lire ça aide à aller de l’avant, à se dire qu’on a raison et qu’il faut encore essayer même si le syndrome de l’imposteur a la peau dure, ainsi que les pensées négatives/limitantes.
votre post sur les « zèbres » m’a énormément parlé et je me suis vraiment retrouvé en de nombreux points. Mais votre vidéo ne m’a pas semblé aidante, car vous partez dans tous les sens, comme je pourrais moi même le faire, et donc vous ne me paraissez pas comme pouvant m’aider, puisque vous semblez « souffrir » des mêmes difficultés que moi. Mais votre post écrit est très vrai, merci d’avoir partager cette analyse car elle est très aidante.
Bonsoir Maude,
Ah, le fameux ça part dans tous les sens! Attention parce qu’il y a du « ça part dans tous les sens » et du « ça part dans tous les sens »! et ce n’est pas le même. Je viens de publier un livre, voici le lien. Il devrait vous intéresser 🙂
https://www.amazon.fr/complexe-lescargot-potentiel-pervers-narcissique/dp/2959660307
Bonjour,
J’ai été détecté enfant précoce, à l’âge de 3 ans et demi, pour diverses raisons m’a scolarité a été très compliquée et je n’ai passé le bac qu’à 40 ans, j’en ai maintenant 52 et je ne sais toujours pas comment remettre les choses dans le bon sens. Je suis toujours, au fond de moi torpillé par le doute, le doute de moi. J’ai envie de tellement de choses que je suis incapable de commencer sans me dire que cela m’empêchera de faire d’autres choses. Vivre, pleinement, quoi que ce soit est donc impossible.
Pascal
Merci pour cette analyse.
Nous devons faire un effort supplémentaire et prendre conscience qu’en réalité, dans la grande majorité des cas, un résultat imparfait est totalement acceptable ou suffisant pour le destinataire! (Il vaut mieux un imparfait qui existe, qu’un parfait qui n’existe pas)
Sans cela, nous aurons toujours des difficultés à démarrer une tâche sans être certains d’avoir ce qu’il faut (savoirs, ressources, objectifs) pour la réaliser parfaitement et entièrement. Cela nous donnerait l’impression de bâcler, ce qui serait vécu comme un intolérable échec.
on dirait trop MOI, sauf que je sais que je peux agir. Je voulais créer une société travailler depuis chez moi à gagner de l’argent avec l’ordinateur. Vu qu’au final un boulot on gagne de l’argent mais on perd sa liberté et qu’on a pas besoin de tous les choses matérielles qu’elle nous impose, j’aime quand c’est carré de respect et c’est monde il est complètement décalé avec MOI. Je suis un véritable ovni. Magnac comme pas possible, sauf avec le repassage, ça doit être carry, ranger trier. Autrement quand tu es perdu, ça va pas elle a procrastination. Ça me connaît, mais je sais que je suis capable de faire et que pourquoi certaines personnes arrivent à faire des choses que moi je n’arrive pas alors que c’est simple et même des choses difficiles. Je serai les réaliser si on me laisse le temps, pourquoi pas créer une application jouer avec la bourse devenir Rentier dans l’immobilier ailleurs toutes ces questions et j’arrive à mettre à la place des gens qui souffrent et j’aime les revoir revivre donc je me vois parfaitement dans ce texte